Héros trahi par les Alliés. Le Général Mihailovic 1893-1946
BUISSON (Jean-Christophe)
22.00 €
Epuisé
"Fusillé pour naïveté, fusillé pour sa foi, corps troué de balles pour que triomphe l'ordre marxiste, le paradis sur terre", a écrit Michel Déon. Le 17 juillet 1946, le général serbe Draza Mihailovic est fusillé par les communistes yougoslaves, au terme d'une parodie de procès, sans que s'émeuvent les démocraties occidentales. Avec lui disparaît le chef de la résistance monarchiste anti-allemande, dernier obstacle à la conquête de la Yougoslavie par Tito. Né en 1893 au cœur de la vieille Serbie, Mihailovic combattit avec courage durant les deux guerres balkaniques (1912-1913) et la Première Guerre mondiale. Ses avertissements contre le danger allemand et ses appels à la modernisation de l'armée ne sont pas entendus : la Yougoslavie est balayée en quelques jours par l'offensive du Troisième Reich d'avril 1941. Refusant la défaite, il crée, le mois suivant, avec une trentaine d'hommes, la première guérilla de résistance en Europe occupée. Des dizaines de milliers de cetniks se rangent derrière lui, pour une Yougoslavie libre et royale. De Londres, le roi Pierre II le nomme ministre de la Guerre du gouvernement yougoslave en exil. Après l'entrée en résistance des partisans de Tito en juillet 1941 et l'échec d'une action commune contre l'ennemi nazi, les troupes de Mihailovic doivent combattre sur plusieurs fronts : contre les Allemands, contre les ustasi croates alliés de Hitler, contre les communistes. D'abord considéré par les Alliés comme le héros du monde libre, "le Chouan de Serbie" est abandonné par ceux-ci au profit de Tito, après des tractations entre Churchill et Staline. Les titistes ne parviennent à s'emparer de lui qu'en mars 1946 après un an et demi de traque. "Symbole du patriotisme le plus pur", selon le général de Gaulle, Draza Mihailovic fut victime de l'infiltration des services d'espionnage alliés par les agents communistes et du cynisme et de la lâcheté de l'Occident, Churchill en tête. Son destin pathétique fut aussi celui de nombreux peuples européens pendant un demi-siècle. 
Jean-Christophe Buisson, trente ans, est journaliste au Figaro Magazine pour lequel il a effectué de nombreux reportages en Europe balkanique.