Le vandalisme de la Révolution
SOUCHAL (François)
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En célébrant le bicentenaire de la Révolution française, on a occulté un de ses aspects les plus désastreux : les ravages causés au patrimoine monumental et artistique par le sectarisme idéologique, qui atteint son paroxysme sous la Terreur, mais dont les effets se font sentir tout au long de la dernière décennie du XVIIIè siècle. C'est d'ailleurs sous la Révolution qu'a été forgé le vocable de vandalisme qui s'applique, hélas ! trop bien à cette sombre époque.
Pour combler cette lacune, l'auteur s'interroge sur ce phénomène calamiteux, sur ses causes, sur sa genèse, sur ses procédés, sur ses victimes. Le vandalisme de la Révolution est d'abord une politique systématique d'anéantir l'Eglise en la dépouillant, en effaçant tous les symboles de la religion, en profanant le sacré.
La noblesse d'Ancien régime a payé aussi un lourd tribut dans ses biens mobiliers et immobiliers à la volonté forcenée d'établir une société coupée de toutes ses traditions. Le vandalisme apparaît donc souvent, plus que l'explosion spontanée d'émotions populaires irraisonnées, comme un plan conçu et mené par une minorité d'idéologues fanatiques. Les tentatives pour limiter les dommages se heurtèrent à l'incohérence de la politique officielle et à ses contradictions.
Le personnage trouble de l'abbé Grégoire en apporte la démonstration, parfaitement inefficace au contraire d'un Lenoir qui parvint à sauver quelques témoignages du passé au titre de "monument historique".
Le Roi, représentant de Dieu en son royaume et défenseur de l'Eglise, ne pouvait manquer d'être emporté dans ce tourbillon et c'est encore un symbole que la profanation conduite avec un acharnement morbide des tombeaux de Saint-Denis.
Cette fièvre d'extermination se propage, à des degrés divers, à travers tout le pays, aggravée par l'esprit de pillage et de spéculation.
Tableau déplorable d'un immense gâchis, qu'il était nécessaire de dresser pour rétablir dans son atrocité une vérité trop souvent oubliée ou effacée. 
François Souchal, né en 1927, archiviste-paléographe et docteur ès-lettres, a été conservateur aux Archives nationales et des Musées nationaux. Professeur émérite d'Histoire de l'art moderne à l'Université de Paris-X, il est actuellement rédacteur en chef de la Gazette des Beaux-Arts. Il a publié de nombreux articles et ouvrages d'histoire de l'art et s'est fait notamment connaître par ses travaux sur l'histoire de la sculpture française sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV.