D´Elbée 1752-1794 généralissime des armées vendéennes
CHARPENTIER (Ferdinand)
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Délaissé par ceux qui ne voyaient en lui qu'un général de second ordre, dénigré par d'autres qui jalousaient son titre de généralissime, d'Elbée a pourtant tenu un rôle essentiel dans le déroulement de la Guerre de Vendée. Il incarne mieux que quiconque l'image du hobereau de province, si longtemps accusée d'être à l'origine du soulèvement de 1793, alors qu'il accueillit avec un enthousiasme réel les réformes de la Révolution. Amèrement déçu des dérives du pouvoir jacobin qui le firent se retirer dans ses terres, ce n'est toutefois qu'à contrecœur qu'il accepta d'offrir aux insurgés de Beaupréau ses talents militaires, conscient dès le premier jour que leur révolte les menait immanquablement à la mort.
D'Elbée manifeste cet esprit de sacrifice à tous les combats, s'en remettant constamment à la Providence. Son nom reste également attaché à la miséricorde qu'il rappela comme un devoir à ses soldats lors de l'épisode du Pater de Chemillé. Exposé en première ligne, il fut maintes fois blessé, à Fontenay et surtout à Cholet, où il faillit laisser la vie. Transporté à Noirmoutier, dernier carré de terres vendéennes, il finit par tomber aux mains de ses ennemis qui se glorifièrent d'avoir capturer le "généralissime des brigands". Son interrogatoire laisse apparaître sa vision de la guerre et une modération fort peu du goût de ses juges, pour qui le monde nouveau que la Révolution avait purgé de toute humanité et de clémence ne pouvait tolérer un tel homme. Sa mort à Noirmoutier fut digne d'une tragédie. Exécuté dans un fauteuil, ses blessures de Cholet ne lui permettant pas de se tenir debout, "on eût dit, écrit Chateaubriand, un monarque recevant sur son trône les hommages de la fidélité".