Le roman noir du métropolitain
SANDERS (Alain), CHARD, RANDA (Philippe)
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Nous aurions pu avoir, à la manière des "choses de la vie", le "roman du métro". Ou même le "roman noir du métro", à la façon Leblanc ou Simonin. Bref, que du très banal.
Mais c'eût été indigne d'auteurs d'aussi bon aloi que Françoise Pichard, Alain Sanders et Philippe Randa. Car Le roman noir du Métropolitain, dont les premières stations sont parues dans Présent en 1986, est d'une toute autre envergure.
En effet, reprendre pour désigner l'underground parisien son bon vieux nom de Métropolitain est déjà d'une audace inouïe.
Je m'explique.
Sans vouloir être trop long (on m'a dit de "faire court"), les gens de ma génération se souviennent encore que de Gao ou de Pondichéry, de Kaolack ou de Kasba Tadla, le "métropolitain" désignait d'abord le Français de métropole.
Pour tout dire, loin des fastes de la capitale et immergés que nous étions dans les masses noires ou jaunes des continents exotiques à peine sortis de la technique du partage et du pousse-pousse, le "Métropolitain" était l'homme blanc par exellence.
De sorte que traduire Le roman noir du métropolitain en Roman noir de l'homme blanc n'est pas réellement exagéré, eu égard aux intentions des auteurs. Sans aller, naturellement, jusqu'à ressusciter aujourd'hui une "OAS métro", force est de reconnaître qu'en cette matière aussi, nous sommes entrés en résistance.
Extrait de la préface "En sautant le portillon" de Didier Lefort.