Le livre noir de l´expulsion
NAWRATIL (Heinz)
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On peut concevoir et même admettre comme une loi de justice que, quarante ans après les faits, le peuple allemand, en raison de ses crimes contre les juifs et contre d'autres minorités et adversaires politiques ou idéologiques, soit toujours mis au banc des accusés. En revanche, il est difficilement compréhensible et en rien justifiable qu'on continue à se taire sur les crimes et les actes de violence criminelle commis pendant et après la guerre contre des millions d'Allemands par des troupes étrangères, des maquisards et une populace fanatisée, qu'on les nie ou les excuse sous prétexte que "les Allemands" ne méritaient pas autre chose, eu égard à la dette de sang qui pèse sur eux.
Cet ouvrage se propose de briser le silence, de réfuter le mensonge et d'invalider l'excuse du crime. Il montre au lecteur toute l'étendue de la tragédie et des souffrances humaines qui suivirent l'effondrement militaire de l'Allemagne, l'invasion du territoire par les troupes soviétiques et l'évacuation forcée d'une grande partie de la population.
L'auteur se fonde pour cela sur une documentation abondante témoignant sous le terme générique de "crimes de l'expulsion" des mutilations, viols, déportations et expulsions d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards et de malades extraits des hôpitaux, ce qui l'amène à consacrer des chapitres particuliers aux crimes commis respectivement par les troupes soviétiques, la milice polonaise, les "résistants" tchèques et les partisans yougoslaves. Il le fait dans un souci marqué d'objectivité, cite à l'appui de ses assertions une multitude de sources et de références sans manquer de mentionner les gestes de charité manifestés à l'égard des réfugiés, ici et là, par les populations polonaises, tchèques et yougoslaves.
Dans la 2è partie de son ouvrage, l'auteur recherche l'arrière-plan et les raisons des crimes commis en masse contre les Allemands. Il en voit la racine dans une haine globale de tout ce qui est allemand et de tous les Allemands. Il montre par ailleurs la différence des évolutions historiques, des intérêts concrets et des buts politiques et militaires qui ont poussé les Tchèques, les Polonais et les Yougoslaves à ces crimes monstrueux.
Il résulte, en conclusion, de ses analyses :
1. Que les "crimes de l'expulsion" ne visaient pas seulement les fonctionnaires nationaux-socialistes, les membres et sympathisants du parti, mais l'ensemble des Allemands globalement assimilés aux nazis et rabaissés à des sous-hommes, plus précisément à des êtres qui ne sont pas des hommes (non human beings), pour reprendre le propos d'Ilya Ehrenbourg. On les a mis hors-la-loi, comme les nazis l'avaient fait avec les juifs.
2. Que cette accumulation de crimes n'est pas la simple juxtaposition d'exactions sans nombre commis par des soldats ou des civils pris d'une rage aveugle, mais révèle "un plan d'extermination et d'expulsion des Allemands" des territoires de l'Est savamment préparé par certains cercles dirigeants de l'URSS et des autres États socialistes - avec le consentement des États-Unis et de la Grande-Bretagne -, "une forme nouvelle de politique de liquidation menée par l'État", conséquence nécessaire et voulue des appels à la vengeance et au meurtre lancés en haut lieu. Il n'est pas admissible de faire condamner les Allemands, comme cela s'est passé à Nuremberg, par les représentants de puissances qui ont ordonné ou toléré les mêmes crimes qu'elles reprochaient au peuple allemand. Ludwig Martin