Robert Louis Stevenson
CHESTERTON (Gilbert Keith)
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Créateur de véritables mythes littéraires, comme Dr Jekyll et M. Hyde, Stevenson connut le sort ingrat de tous les génies trop généreux et trop populaires : porté aux nues de son vivant, il fut par la suite vilipendé par la critique avec une hargne proportionnée au tirage de ses romans.
Dans cet essai chaleureux et subtil, Chesterton entreprend de réhabiliter le plus célèbre auteur victorien. Faisant la part du surfait dans sa gloire première et de l'envie cuisante des écrivains ratés dans sa disgrâce posthume, son frère de plume entreprend de tracer de lui un portrait spirituel et humain. L'oeuvre de Stevenson, nous dit-il, porte l'empreinte d'une morale - le protestantisme écossais -, d'une enfance particulière - celle d'un garçon souffrant et choyé, tout entier consacré à son théâtre de poupées -, et d'une existence vagabonde et tragique : celle d'un malade qui passa sa vie "à s'efforcer d'aller bien".
Comme toujours, Chesterton nous emmène avec bonhomie vers des contrées insolites que son propos initial ne prévoyait pas. Se déclarant incapable de rédiger une critique littéraire sérieuse, il nous livre une lecture pénétrante et inspirée de tous les classiques stevensoniens ; limitant son ambition à un commentaire biographique, il décoche - presque malgré lui - un pamphlet foudroyant contre la société puritaine, avec ses raideurs ridicules et son moralisme desséché, mais aussi contre le milieu romantique que Stevenson rejeta, avec son nihilisme et sa complaisance sotte dans l'excentricité.
Et c'est ainsi que, malgré leurs différences radicales de destins et d'idées, l'auteur de La Sphère et la Croix et celui du Maître de Ballantrae se rencontrent au moins sur un point : la conviction que la vraie littérature est toujours une chose vivante, et passionnante comme la vie. Et que le reste n'est que mauvaise théologie.