La Corée et les missionnaires français
LAUNAY (Adrien)
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L'Église de Corée a des origines très particulières : elle n'a pas été créée par le zèle de missionnaires, comme les Églises de l'Annam, du Japon ou de la Chine ; deux jeunes gens de noble famille furent les instruments choisis dont Dieu daigna se servir pour éclairer cette pauvre nation. Ils se rendirent en Chine en l784 pour aller solliciter la venue de missionnaires. Dès 1790 il y eût déjà les premiers martyrs. En 1794, le premier prêtre catholique pénétrait clandestinement en Corée. En 1827, la mission de Corée était confiée à la Société des Missions Étrangères. Ce ne fut qu'en 1836 que le premier missionnaire français réussissait à pénétrer dans ce pays fermé soigneusement aux étrangers ; premier d'une longue suite de martyrs.
Les sentiments apostoliques de ces missionnaires sont bien exprimés dans une lettre que Mgr Ferréol adressa à cette époque aux directeurs du séminaire des Missions étrangères.
"Messieurs, leur disait-il, il ne manque à la mission de Corée rien de ce qui fait ici-bas le partage de l'heureuse famille d'un Dieu persécuté, conspué, crucifié. Prions le Seigneur de réaliser l'espérance exprimée par Mgr de Capse mourant, de voir son peuple se ranger bientôt sous les lois de l'Évangile. Le sang de tant de martyrs n'aura point coulé en vain ; il sera pour cette jeune terre, comme il a été pour notre vieille Europe, une semence de nouveaux fidèles.
"Voilà deux pauvres missionnaires, éloignés de quatre à cinq mille lieues de leur patrie, de leurs parents, de leurs amis, sans secours humains, sans protecteurs, presque sans asile au milieu d'un peuple étranger de mœurs et de langage, proscrits par les lois, traqués comme des bêtes malfaisantes, ne rencontrant, semées sous leurs pas, que des peines, n'ayant devant eux que la perspective d'une mort cruelle ; assurément il semble qu'il ne devrait pas y avoir au monde une situation plus accablante.
"Eh bien, non ! le Fils de Dieu, qui a bien voulu devenir fils de l'homme pour se faire le compagnon de notre exil, nous comble de joie au milieu de nos tribulations et nous rend au centuple les consolations dont nous nous sommes privés en quittant, pour son amour et celui de nos frères abandonnés, nos familles et nos amis.
"Quoique nos jours s'écoulent dans la fatigue comme ceux du mercenaire, le salaire qui nous attend à leur déclin en fait des jours de délices. Oh ! qu'ils sont fous les sages du siècle de ne pas chercher la sagesse dans la folie de la croix !"