La mairie avant la mosquée. La primauté du mariage civil, condition de l´intégration
CHOFFEE-HAROUEL (Sigrid)
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En France, de nombreux musulmans se marient religieusement - ce qu'ils appellent faire le halal -, sans s'être préalablement mariés civilement comme la loi en fait l'obligation. Or, la règle de l'antériorité du mariage civil par rapport au mariage religieux constitue l'une des bases de l'ordre public et figure dans la législation française depuis plus de deux siècles. Au XIXe siècle, l'État a imposé aux catholiques le respect de ce principe, les contraignant, sous la menace d'une lourde sanction pénale frappant le curé fautif, à se marier systématiquement à la mairie avant de le faire à l'église. Si bien qu'au XXe siècle, l'habitude de faire précéder le mariage religieux par un mariage civil était complètement entrée dans les moeurs tant pour les catholiques que les protestants et les juifs.
Aujourd'hui, la mission de l'État est de faire avec les musulmans ce qu'il a fait au XIXe siècle avec les fidèles des autres religions : les contraindre à se marier civilement avant de le faire religieusement. Cela apporterait aux épouses musulmanes, en cas de séparation, des garanties que ne leur offre pas le mariage halal quand elles sont répudiées. Et ce serait le seul moyen de rendre radicalement impossible en France une polygamie qu'autorise le Coran.
Le jour où l'État aura décidé de faire respecter la loi aussi par les musulmans, afin de les accoutumer à nécessairement se marier devant le maire avant de s'unir devant l'imam, un très grand pas aura été accompli dans la voie de leur intégration. 
Sigrid Choffée-Harouel est docteur en droit et maître de conférences HDR (habilité à diriger des recherches) à la Faculté de droit de l'Université de Paris-Est (UPEC). Elle a consacré plusieurs publications à la question du mariage religieux au regard du droit français.