La mission des juifs dans le temps present et à venir
GOUDET (Abbé A)
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L'histoire confirme nos espérances, en faisant passer dans le domaine des faits le Règne de Dieu prédit et chanté par les prophètes inspirés, et annoncé par la Tradition. Au onzième chapitre de son Épître aux Romains, saint Paul nous enseigne que la Réprobation des Juifs a été pour nous, peuple des Nations, la source d'une grande richesse spirituelle. En effet, les Apôtres, franchissant les limites de la Judée, portent le flambeau de l'Évangile par toute la terre ; cette prédication, depuis dix-neuf siècles qu'elle se perpétue, a donc procuré le bonheur du ciel à une infinité d'âmes, dont le nombre s'est accru de siècle en siècle. Nous l'appelons la première richesse apportée au monde à l'occasion de l'incrédulité des Juifs. Mais l'Apôtre distingue une autre richesse, de même ordre et plus merveilleuse encore, que doit procurer aux hommes le retour des Juifs. Ceux-ci, en effet, revenus de la mort à la vie, se feront les missionnaires du Dieu qu'ils auront rejeté, et convertiront les nations infidèles. A cause de son universalité, cet admirable retour, tenant du prodige, est appelé par saint Jean la première résurrection. Il y aura donc pour le monde une deuxième richesse apportée à la terre, non plus cette fois par l'incrédulité, mais par l'apostolat des Juifs convertis. Instruits par saint Paul du plan divin qui doit faire la richesse spirituelle des nations d'abord, et ensuite celle du monde entier, nous constatons, après Bossuet et les docteurs de l'Église, que le vaste Empire Romain a été suscité de Dieu, qui s'en est servi comme d'un immense véhicule, en vue d'apporter aux nations la première richesse dont parle l'Apôtre. Mais ce premier apostolat ne s'est bien exercé jusqu'ici que sur le monde romain ; lui seul, par conséquent, a pu profiter comme il faut de cette première richesse. Si donc nous pouvions constater que de nos jours la Providence ramène tous les peuples à l'unité, et qu'elle se construit un char plus merveilleux que le premier, propre à porter le Règne de Dieu par toute la terre, ne serions-nous pas en droit de conclure que la seconde richesse, annoncée par saint Paul, est à la veille d'être accordée aux hommes ? Tel est le service signalé que nous réclamons de l'histoire. A elle de démontrer que notre assertion n'est pas une simple hypothèse, mais la plus consolante des vérités.