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Un paroissien de Saint-Germain-des-Prés

Référence : 79086
2 avis
Date de parution : 9 décembre 2013
Auteur : CHARD
EAN 13 : 9782357910553
Nb de pages : 110
14.00
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Description
Il y a de la tendresse chez Chard. Et d'abord pour les « petites gens » de chez nous. Ceux-là qui bossent, subissent, se taisent, ne se plaignent jamais. Des survivants. Des résistants parfois. En voilà un nouvel exemple avec cette chronique d'un quartier jadis emblématique de Paris. Mieux que ça : une paroisse. Naguère prestigieuse. Aujourd'hui dévolue de plus en plus à la fripe et à la bouffe...
Un retraité paisible. Sa nièce dans la panade qui vient tout bouleverser. Des gays en mal d'adoption. Des personnages de notre époque. Une tranche de vie. Une étude que n'aurait pas désavouée l'entomologiste Fabre...
De la sociologie ? Il y a un peu de ça. Dans un siècle ou deux, les chercheurs qui tenteront d'expliquer ce qu'on était et ce qu'on est devenu s'appuieront sur ce Paroissien de Saint-Germain-des-Prés. Tout y est. Et même le souci de se dépêcher d'en rire plutôt que d'en pleurer.
TitreUn paroissien de Saint-Germain-des-Prés
Auteur CHARD
ÉditeurATELIER FOL'FER (EDITIONS)
Date de parution9 décembre 2013
Nb de pages110
EAN 139782357910553
PrésentationBroché
Épaisseur (en mm)10
Largeur (en mm)170
Hauteur (en mm)170
Poids (en Kg)0.15
Les avis clients
Incomparable coup de crayon
5/5 Rivarol .
.----. Célibataire retraité, ce Germanopratin de naissance, dont les articles « de vulgarisation historique » alimentent d’improbables revues quasiment mort-nées, observe d’un regard désabusé la faune disparate de ce prestigieux quartier où voisinaient naguère galeries d’art, boutiques d’alimentation et autres commerces domestiques, remplacés désormais par des étals de tissus d’ameublement et de vaisselle coûteuse achalandés par les bobos. Lors de ses promenades quotidiennes, il rencontre un certain "Futuntemps", bien campé dans son sobriquet, l’abbé Morard, saint prélat de l’an mil qui « descend parfois du séjour des bienheureux pour jeter un coup d’œil sur l’état des lieux » et « Mlle Dupersil », autre exilée « d’un monde disparu. » Sous sa couverture joliment coloriée, notre dessinatrice-maison nous conte, avec son incomparable coup de crayon assorti d’un commentaire narquois du paroissien-narrateur en regard de chaque scène minutieusement croquée, les aventures, somme toute banales, d’un Parisien, de souche provinciale comme n’importe qui, confronté aux mœurs extravagantes d’une population importée des cinq continents. Francine, dite Elodie, sa petite-nièce très à la page, vient tout à coup bouleverser ses habitudes. Engrossée, selon les voies bêtement naturelles et moyennant finance, par l’un des partenaires d’« une couple » d’homosexuels amis qui comptent adopter l’enfant après répudiation de la génitrice, Elodie, découvrant soudain l’instinct maternel, décide d’élever elle-même le fruit du contrat. Noncle, magnanime, recueille la fugitive traquée par la "paire" Patrice et Tom qui, pour éviter un fâcheux « effet médiatique », renoncent au bébé mais exigent le remboursement de l’argent... consacré à « la sortie et la promo du vynil de YouriYouri [...] mon copain chanteur qu’a plein d’avenir. » Très mal supporté par tonton, le faux Russe, né Merlupeau Kevin à Bagnolet, qu’il nourrit et abreuve à contrecœur, excédé par le leitmotiv de son chef-d’œuvre sur "galette" : « faites pas dérailler le train de mes désirs. » La fraîche accouchée et son rejeton, pourvu de trois oreilles ( ? ) et prénommé Ernest, s’installent bien entendu chez notre vieux garçon qui voit son quiet logis transformé en nursery. Julien Ceps, le nouveau fiancé "hypergentil" d’Elodie, écrivain cérébral encombré d’idées indicibles, lui offre son livre, « La deuxième chaussette était restée dans la jambe du pantalon », objet « d’un article de 19 cm sur une colonne dans Le Monde des Livres. » Le plumitif est bizarrement fasciné par le poupon braillard et la « merveilleuse stupidité » de sa mère. Doué d’un sens aigu de la famille, Noncle torche et berce le neveu quand les tourtereaux sont de sortie ou invitent à dîner, à ses frais évidemment, une bande de copains exotiques. Surgissent soudain les deux invertis, réclamant leur dû. L’honnête tonton sen-dette pour rembourser le prix d’Ernest qu’il aime tendrement et dont il prend résolument en main l’enseignement et l’éducation. On les suit tous deux dans leurs balades à travers Paris et ses environs, l’ancêtre évoquant ses souvenirs d’antan, formant le goût artistique du gamin et s’efforçant de l’éloigner des laideurs ambiantes. Chard laisse courir sa plume imaginative dans une rétrospective historique pleine de fantaisie ; usant d’une licence littéraire attestée au cours des âges, le temps se fige autour d’Ernest durant ses années d’initiation. Le graphisme net et sans outrance décrit les situations avec une précision d’entomologiste. Chaque dessin recèle une foule de détails d’une drôlerie réjouissante, la touche poétique s’y glissant subrepticement. Et forcément l’allusion politiquement incorrecte foisonne à qui mieux mieux. Cette chronique en forme de fable s’achève sur une moralité douce-amère empreinte d’espoir roboratif en la vie qui va. [ Signé : Marie-Gabrielle Decossas dans " Rivarol ", n° 3124 du 16 janvier 2014 ]
Le retour de l’agité du bocal .
4/5 Le Bulletin célinien
.----. Il est à nouveau question ici et là de la polémique qui opposa Sartre à Céline. Cette histoire est bien connue des lecteurs du BC et on s’épargnera d’en rappeler la teneur. Rappelons seulement que l’attaque se produisit alors que Céline était en prison et qu’elle aurait pu lui coûter très cher. Dans son dernier livre, Henri Godard évoque l’émission « Apostrophes » (1985) consacrée à Sartre et Céline : <, J’étais mis en porte à faux par un souci de ne pas exalter Céline aux dépens de Sartre sur le plan proprement littéraire, et de ne pas paraître ainsi excuser indirectement ses diatribes les plus inexcusables. Pour la même raison, il me fallait aussi passer sans insister, d’abord sur l’admiration que Sartre avait longtemps portée à Céline, puis sur le risque qu’il lui avait fait courir en décembre 1945, alors que Céline était au Danemark en instance d’extradition, en l’accusant d’avoir été payé pour écrire ses livres antisémites (1) . » ...Que d’embarras ! N’était-il donc pas possible de rappeler les faits tout uniment ? Émile Brami a, lui, placidement rappelé quelques vérités utiles, mettant en parallèle l’attitude de Sartre sous l’Occupation avec celle d’un Guéhenno qui brisa sa plume ou celle d’un Galtier-Boissière qui saborda sa revue (2) . Et de rappeler que Sartre accepta d’écrire en 1941 pour l’hebdomadaire collaborationniste Comcedia et, que plus tard, il obtint sans difficulté toutes les autorisations nécessaires pour faire éditer ses livres et représenter ses pièces dans un théâtre « aryanisé ». Pour Brami, l’initiative de Sartre en 1947, c’est le meurtre du père. Auparavant, « Céline était pour lui, au sens romain du terme, un patron dont il recherchait la protection. » Pour l’obtenir, il multiplia les signes, plaçant en exergue d’un de ses livres une phrase tirée de L’Église. Et, via Dullin, insista, en 1943, pour que Céline assistât à une représentation des Mouches. Dans Un paroissien de Saint-Germain des Prés, la dessinatrice Fabienne Pichard, qui signe « Chard », met en scène un retraité qui assiste à l’irréversible déliquescence de son quartier (3) . Nostalgique de l’époque où les boulangeries, boucheries et drogueries voisinaient harmonieusement avec les librairies, galeries d’art et magasins d’antiquités, il se souvient du jour où il croisa Sartre rue Jacob : « Il s’est trompé sur tout, mais toujours aux bons moments, de sorte qu’il est mort dans son lit, la Thora entre les mains. (...) Il aurait tant voulu être juif, nègre, homosexuel... et tout lui fut refusé. Il a fait ce qu’il a pu avec ses origines bourgeoises et il s’en est bien tiré. » Sous le titre Réponse à un vilain, Matthias Gadret présente, sous forme numérique, le libelle de Céline en réponse à Sartre, augmenté d’une chronologie et d’une bibliographie (4) . Voilà qui rappelle l’initiative de ce célinien « historique » qui réédita de manière analogue ce pamphlet mais de manière clandestine et bibliophilique. C’était en 1978, soit exactement trente ans après la première édition due à Pierre Lanauve de Tartas. Tirée à 200 exemplaires, celle-ci est très recherchée par les collectionneurs et vaut bien plus que l’édition originale de Réflexions sur la question juive de Sartre éditée à la même époque. [ Signé : M. L. dans " Le Bulletin célinien ", n° 364, juin 2014 ] (1) Henri Godard, À travers Céline, la littérature, Gallimard, coll. « Blanche », 2014. (2) Émile Brami, Céline à rebours, Archipoche, 2011 (réédition sous un autre titre de Céline. « Je ne suis pas assez méchant pour me donner en exemple », Écriture, 2003). (3) Chard, Un paroissien de Saint-Germain-des-Prés, Atelier Fol’Fer, 2014. (4) Céline, À l’agité du bocal, Le Petit célinien, 2014, 22 p.