Schumann, le poète - Vingt-cinq moments d'une lecture de Dichterliebe
POUSSEUR (Henri)
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Roland Barthes demandait ce qui pouvait bien se trouver au centre de ce cercle qu'est Dichterliebe, le plus fameux des cycles de Lieder schumanniens - qu'il considérait comme "une suite pure d'interruptions". On découvre ici l'extraordinaire réseau de relations de
toutes sortes qui relient entre eux ces joyaux musicaux, en premier lieu la forte charpente organisant leur périple. On découvre surtout qu'il ne s'agit pas seulement d'un prodige de la forme, mais que celle-ci (comme toute structure musicale réussie) exprime un "mouvement
de l'âme" d'une exceptionnelle intensité. Parti de la douloureuse expérience du jeune Heine, dont il concentre cependant les échos poétiques avec un art consommé, c'est, semble-t-il, toute sa propre vie, passée et future, que Schumann met en scène, en un processus initiatique et thérapeutique qui fait penser à l'alchimie sous ses aspects spirituels. Ainsi parvient-il, anticipativement, à transcender de mortelles souffrances et à nous offrir le plus précieux des talismans. 
Associé dès le début des années 50 à l'aventure sérielle, Pousseur a pris plus tard un embranchement autonome. Comme l'écrit Michel Butor, avec qui il collabore régulièrement, il s'est enfoncé dans une longue marche : la recherche d'une "grammaire généralisée", permettant de circuler entre des musiques différentes. C'est là, selon lui, l'application à grande échelle du modèle wébernien : donner une importance égale à tous les éléments d'un espace donné. A côté de ses oeuvres où, partant de Votre Faust (1960/68), il a exploré des domaines de plus en plus larges, il s'est aussi investi dans l'enseignement à tous ses niveaux, contribuant, par exemple, à la création de l'Institut de Pédagogie musicale de La Villette. On lui doit plusieurs ouvrages théoriques et de nombreux articles, où il analyse des musiques allant du chant grégorien à la prospection la plus récente. Schumann fut toujours une de ses prédilections, et son analyse de Dichterliebe l'a conduit à composer une vaste paraphrase de cette oeuvre, créée au Holland-Festival en juin 1993.