Anthèses Poétiques - 1 - Constances et Reviviscentes
ANDRE (Abbé Jean-Paul)
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S'il fallait désigner un prédécesseur, dans notre univers poétique, à Monsieur l'abbé Jean-Paul André, je choisirais, sans hésitation, Paul Valéry. Celui-ci ne fut pas un mystique, mais il a magnifiquement préfacé la traduction des poèmes de saint Jean de la Croix dont notre poète, ici, est un disciple. Les vers que vous allez lire sont savants, elliptiques et parfois mystérieux. Mais la vraie poésie est ainsi, et le lecteur ne peut se plaindre que, si au bout de l'effort qu'il a fait pour saisir "la substantifique moelle", ou "le sens caché", il s'aperçoit qu'il n'y avait rien ou très peu. Il a le droit, alors, de crier à l'escroquerie.
Rien de tel ici, et, de surcroît, c'est l'auteur lui-même qui, se faisant pédagogue, nous aide à goûter le bonheur chanté par Virgile. "Heureux celui qui a pu connaître le sens caché des choses."
"Poésie est théologie", disait Boccace. On ne saurait mieux dire ici. Et même si on accepte la correction que Maurras apportait à cette affirmation : "ontologie conviendrait mieux", nous restons dans ce noyau secret de l'être, dont notre vie entière ne suffit pas à entrevoir la connaissance. C'est à cette poésie "essentielle" que se rattache l'oeuvre de l'Abbé Jean-Paul André. Il y ajoute l'originalité de l'explication par l'auteur, ce qui est une vraie charité. Mais, l'explication lue et digérée, on reviendra à la musique des mots. Ceux qui paraissent savants ou obscurs deviendront lumière et symboles éclairants. D'être intelligente, la chanson sera plus douce encore, car le charme des mots ne suffit pas à combler l'animal raisonnable qui, toujours, veut comprendre.
"Ô récompense, après une pensée Qu'un long regard sur le calme des dieux."
L'hymne païen du poète sétois est ici dépassé, mais il n'est pas contredit. Les constances et les reviviscences rassemblées dans ces "anthèses poétiques" cherchent l'unité profonde de l'être où la terre et le ciel, le corps et l'âme, le temps et l'éternité ne sont plus le duel inhumain de la chair et de l'esprit, mais le duo mélodieux d'une création que l'homme a perdue mais qu'un Dieu a rachetée.