Vient de paraître : L'art des arts : Eduquer un enfant - Un traité d´éducation à la portée de tous
30/09/2018
Vient de paraître : L'art des arts : Eduquer un enfant -  Un traité d´éducation à la portée de tous  
Parmi tous les moyens à utiliser pour réagir contre le matérialisme cupide et jouisseur qui, aujourd'hui, envahit et engourdit les âmes ; pour refaire des hommes d'honneur et de devoir, des chrétiens qui aspirent à vivre pleinement de la vie du Christ, la première place revient à l'éducation des enfants. « On reformerait le monde, disait déjà Leibniz, si on reformait l'éducation ». Aussi n'est-il pas surprenant que les derniers papes se soient préoccupés constamment de la formation de la jeunesse. « Nous faisant l'écho du divin Maître, ainsi s'exprime Pie XI, Nous avons adressé de salutaires paroles tantôt d'avertissement, tantôt d'exhortation, tantôt de direction aux jeunes gens et aux éducateurs, aux pères et aux mères de famille, sur différents points de cette éducation chrétienne. Nous y avons mis cette sollicitude qui convient au Père commun de tous les fidèles, et cette insistance, en temps et hors de temps, qui est le devoir du Pasteur, comme l'enseigne l'Apôtre (II Tim., IV, 2)... Insistance plus que jamais nécessaire à notre époque, où nous n'avons que trop à déplorer une absence si complète de principes clairs et sains, même sur les problèmes les plus fondamentaux »... « Il n'est rien, déclare sa Sainteté Pie XII, que Nous ayons davantage à coeur que l'éducation de la jeunesse... C'est un problème sur lequel Nous ne Nous lassons pas de Nous pencher, et qui, dans ce bouleversement de l'après-guerre, est... d'une brûlante actualité. Car, pour refaire le monde, pour réédifier la société, ne faut-il pas commencer par les jeunes générations qui se ront les hommes de demain ? On ne saurait donc exagérer l'importance de ce problème... ». 

Beaucoup de parents, hélas ! semblent ignorer, ou du moins ne pas évaluer à sa juste mesure le rôle primordial qu'ils ont à jouer auprès des enfants que Dieu a commis à leur garde. Ils ne se donnent pas tout entiers à leur tâche la plus essentielle. Ils se laissent absorber par les affaires, leur activité professionnelle et leurs relations, alors que le souci de former leurs enfants devrait primer chez eux sur tout le reste. Ils ne s'appliquent pas assez à les connaître, à les instruire et à les guider. Ils ne vivent pas suffisamment d'eux et pour eux. Et, par leur négligence, bien souvent, ils compromettent la destinée non seulement temporelle et humaine, mais spirituelle et éternelle de leurs petits. Ils jouent leurs âmes et leur bonheur. - Quelques confidences douloureuses, prises au hasard, donneront chair et os à cet avertissement sévère, peut-être un peu trop théorique. « A la maison, nous dit Yvette, on me considère comme une imbécile, parce que mes frères sont plus malins que moi. Je n'entends que des « Ton frère... » par-ci, « Ton frère... » par-là. On a un de ces tons pour me dire, quand j'ai raté un concours : « C'est bien dommage que tu aies raté ! » Mes parents veulent m'encourager, voyez-vous ! Vous comprenez, dès lors, pourquoi j'aime Freddy, l'élève du collège. Lui seul me comprend ! Ah ! vite quitter la maison ! » - « Je ne puis plus rester ici, déclare Chantal, âgée de vingt ans, vous ne pouvez imaginer ce qu'est la vie pour moi à la maison. Partir ! Voilà mon seul désir. Mais qui voudra de moi ? Tant que grand-père est là, j'irai chez lui ; mais après ?... J'ai du chagrin, beaucoup de chagrin ; non, le bonheur n'est pas pour moi... Je ne serai jamais heureuse, c'est le destin, que voulez-vous ? C'est dur d'y penser. » - « Parfois le soir dans ma chambre, soupire, Joseph, un garçon de quinze ans, lorsque dans le noir on voit tout en grand, exagéré, quand la moindre peine vous paraît une douleur insupportable, j'ai dû mordre mon oreiller pour ne pas sangloter tout haut ». - « Ma mère ne me comprend pas ! » affirme Renée, qui n'est pas unique de son espèce ; ce qui veut dire : « Ma mère ne m'écoute pas. Ma mère, quand je veux lui parler, ne me prend pas au sérieux, n'a pas le temps de s'intéresser à ce que je voudrais lui dire. Elle considère comme enfantillages des choses qui, pour moi, ont grande importance. Alors je me tais, c'est plus simple ». - « Papa, remarque Gérard, n'a pas l'air de se douter qu'à seize ans, on est souvent rongé par des difficultés et des problèmes moraux ! Quelles scènes il me ferait, s'il savait ce que je sais ! Comme si la vie, la rue, les compagnons, le cinéma, les illustrés n'existaient pas » ! - « Ma mère me gâte beaucoup trop, avoue Éphrem. Savez-vous par exemple, que je goûte, tous les jours, avec des biscuits ! J'obtiens tout ce que je veux ; mais je sens que la vie n'est pas faite de confiseries ! Et finalement, je me détache intérieurement de ma mère, qui ne me prépare pas à ma vie d'homme. J'aurais aimé plus de fermeté et de sacrifice ; mais elle m'éduque comme elle vit ». Et ce jeune homme a dix-sept ans. - « Ce dont je souffre, précise Jean, c'est de l'isolement. Je suis enfant unique et je sens que je suis encore de trop. Pendant plusieurs années, j'ai été mis en pension, parce que je gênais à la maison, étant donné le grand nombre de ces réceptions dont maman raffole. Elle m'a envoyé trois fois au cinéma, cette semaine ; je reçois tout l'argent que je désire. Mais je ne suis pas heureux ; je m'ennuie et j'envie ceux qui ont de vrais parents, des frères et des soeurs ». - « J'avais un culte pour maman - c'est Lorette qui parle -, mais elle ne répondait pas assez à ma tendresse, me semble-t-il. Un jour - j'avais douze ans -, j'ai surpris la conversation de maman avec une de ses amies : « J'aime beaucoup plus mon fils que ma fille ». Ce fut terrible : j'étais prête à haïr mon frère que maman préférait à moi. Je me suis mise avec acharnement aux études pour oublier. J'y ai réussi partiellement ». - « j'aurais désiré devenir religieuse et m'occuper des enfants malades, affirme Brigitte. Mon père a eu des paroles terribles : « je préférerais te voir devenir une femme de mauvaise vie, plutôt que religieuse ! » Ma vie a été disloquée : j'ai lutté pour garder mon idéal. Mais mon père m'a fait voir ce qu'il appelait la vie, pour me dégoûter de mon projet. Il y a réussi ; mais je suis sur le point de réaliser quelque chose de son souhait. »
Des aveux de ce genre sont écrasants ! Que de vies manquées parce que les parents ont été ou trop rigides ou trop mous ; parce qu'ils se sont tus ou ont parlé à contretemps, parce qu'ils ont couvé ou négligé leur enfant... Il suffit de si peu de chose : d'un mot, d'un sourire, d'un geste parfois, pour jeter les âmes enfantines dans le désarroi, l'inquiétude ou le doute. 

La conscience de la responsabilité ne suffit pas, cependant, pour constituer un bon éducateur. Il faut de plus la capacité, la compétence. « L'oeuvre de l'éducation, déclare Sa Sainteté Pie XII, n'est pas seulement dure, elle est encore difficile. Elle requiert même auprès des petits, des connaissances spéciales, de l'habileté pédagogique. Elle exige une étude, des exercices pratiques... une laborieuse formation et une entière possession de soi-même ». Hélas ! Combien de parents mal équipés pour la culture des âmes ! « Il existe des mères - Nous le rappelons avec douleur -, incapables de comprendre leur saint devoir et leur rôle sublime, (c'est encore Pie XII qui parle.) Elles sont inaptes à comprendre même l'objet de l'éducation, ignorantes de la plus élémentaire pédagogie, non formées, ou déformées, comme elles sont elles-mêmes »... Et combien de parents, conscients de leurs lacunes, se demandent avec inquiétude comment ils doivent s'y prendre pour réussir dans leur tâche d'éducateurs, « le but principal de leur vie ici-bas » (Pie XII) ! Notre désir unique est de leur venir en aide. 

L'éducation, ces dernières années, a suscité des études et des travaux nombreux. Des congrès se sont organisés où éducateurs et éducatrices se sont appliqués à mieux connaître l'enfant et à apporter des solutions plus rationnelles et plus efficaces aux problèmes de la pédagogie, des revues se sont fondées, des « collections » ont été lancées, en vue d'éclairer et de guider les parents et les éducateurs. On a renoncé définitivement à voir dans l'enfant un homme en miniature ; on a discerné dans son évolution des rythmes de croissance, tour à tour lents et accélérés ; on a dénoncé avec raison, comme une injustice et une maladresse, l'éducation uniforme qui ne tient pas compte des différences individuelles de l'enfant et refuse d'adapter la formation au tempérament, à l'âge et à l'intelligence de chacun. Bien d'autres problèmes, concernant la santé, le développement des sens, la vie intellectuelle, morale et religieuse de l'enfant ont été soulevés et traités par des spécialistes : médecins, psychologues et éducateurs. Nous nous inspirerons constamment de ces travaux et de ces recherches. C'est d'eux que ces pages tirent leur principal mérite. 

Nous définirons d'abord le but de l'éducation ; nous décrirons ensuite le climat familial favorable à l'épanouissement de l'enfant. L'usage de l'autorité fera l'objet de la troisième partie. 

Enfin, nous exposerons les étapes successives et progressives de l'évolution de l'enfant, depuis les premiers jours de son existence jusqu'à son adolescence. Pour chacune de ces phases, nous dirons la manière dont les parents doivent se comporter à l'égard de l'enfant pour l'aider à se trouver lui-même et à se conquérir. 

Nous nous estimerons suffisamment récompensé, si, par notre travail, nous aurons pu assurer au moins à quelques-uns de ces petits, une vie plus riche, plus belle et plus heureuse. (Avant-propos) 

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