Structure et barbarie - Universalisme et catholicité
LAURIA (Philippe)
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Comment expliquer les différences et les illégalités des cultures sans céder à l'évolutionnisme social qui selon Cl. Lévi-Strauss reconduit au racisme ? Dans Race et Histoire, l'ethnologue soutient qu'il n'y a pas d'échelle unique de valeurs, bien qu'il y ait une discontinuité entre la culture - sphère du relatif - et la nature - matrice de l'universel. Certes, le tabou de l'inceste est un "scandale" qui résiste à cette partition car l'interdit vient prescrire (universellement) à la nature, mais ce paradoxe serait la clé de compréhension de la discontinuité. Toutefois, un nouveau problème surgit d'après Lévi-Strauss : la multiplication des échanges et la mondialisation uniformise et altère les cultures et les peuples suscitant d'autres formes de replis ethnocentriques. Il reviendrait aux institutions internationales d'y remédier par une éthique qui conserve la diversité et supprime "les diversités mortes".
Au point de vue catholique, le sens du mot "nature" est tout autre. Là où Lévi-Strauss voit une "discontinuité", il faut voir une différence ontologique et le passage du préternaturel au naturel humain. Quant à l'inceste, c'est un paroxysme dans la transgression dont les peuples "vestiges" ne sont pas les seuls témoins. Faute de reconnaître la source de l'imprescriptible dans l'essence humaine, le structuralisme rend impossible la reconnaissance de l'universel au-delà de la relativité des cultures.
C'est pourquoi derrière les luttes pseudo-iréniques de la tolérance et sous le masque de l'universalisme peut se dissimuler une barbarie institutionnelle à "visage humain" autrement insidieuse que ne pourrait l'être l'ethnocentrisme primaire.