Très spirituelle suite de chroniques ! .----. C'est une très spirituelle suite de chroniques que nous offre l'abbé Rigault . Spirituel non au sens de ricanant mais de méditatif . Et si humour il y a, il est au service de la leçon donnée, sans sécheresse, mais avec l'aspect familier et charnu de la parabole . Les racines paysannes de l'auteur affleurent à chaque pas . Aucune grandiloquence dans ces pages, mais le rappel constant du devoir d'état et de l'humilité du quotidien vécu chrétiennement . [ Signé François Franc dans " Présent " , numéro 9534 du 18/01/2020 ]
Présent . - 29/02/2020
Pour élever l'âme à Dieu . .----. Régulièrement, le constat est dressé : nous vivons la fin d'une civilisation . Et les faits sont là, accablants, et confirmant le diagnostic . Face à cela, que convient-il de faire ? En prendre notre parti ? Nous lamenter ? Commencer à reconstruire en prenant pour outils les moyens qui précisément nous ont conduits à la présente situation ?
Dans de nombreux chapitres, courts et faciles à lire, l'auteur livre ses méditations à partir de petits riens : le sel, la bêche, le labour, les semailles, etc. pour élever l'âme à Dieu, Créateur de toute chose, et pour conduire le lecteur à réformer sa manière de penser la vie moderne . L'auteur a été ordonné au séminaire d'Ecône, ce qui est déjà une bonne indication en sa faveur .
[ Chronique " Nous reçûmes... nous sûmes... nous lûmes... " dans le numéro 183 , mars 2020 " Altaïr , poésie et tradition " . Périodique trimestriel , éditeur responsable : Jean Pierre Hamblenne , BP 19 , B - 1420 - Braine l'Alleud Belgique , il est conseillé de s'abonner 10 Euros par an ]
Altaïr , poésie et tradition . - 19/03/2020
D'une grande richesse et très encourageant .----. Voici un petit livre d’une grande richesse et très encourageant : à travers de courtes chroniques, l’abbé Rigault nous livre ses réflexions sur le rapport de l’homme à Dieu et à la Création. Il aborde en particulier la question de la machine : qui ne s’est jamais interrogé sur son usage dans la voie de la sanctification ? La réponse sera profonde : Dieu nous a créés pour Le louer et Le contempler, et ainsi nous combler de sa plénitude : là se trouve notre bonheur. Mieux, Il nous fait déjà goûter cette joie dans le renoncement et la peine que nécessite l’exercice des vertus.
Le travail physique, qui nous ancre dans le réel, est le support qui nous maintiendra à notre humble place de créature, Dieu l’a voulu ainsi pour nous et pour Son Fils Jésus…
La civilisation ne refleurira qu’à cette condition ! Pensons à Saint Joseph, à l’œuvre déterminante des moines, défricheurs, au siècle des cathédrales… Le Puy du Fou a très bien mis en valeur le lien travail / civilisation…
Une lecture plaisante et roborative, à lire et commenter avec nos plus grands.
17 ans et adultes
AFS N° 272 Décembre 2020 www.afs.ovh/action-familiale-et-scolaire/
AFS - 14/01/2021
Un livre à méditer, chapitre après chapitre .----. De l'abbé Philibert Rigault, les Editions de Chiré avaient déjà publié, en 2017, un essai sur le bon travail. Voici une réflexion sur l’esprit de la véritable civilisation chrétienne. En trente-sept petits chapitres cet ouvrage est une collection de méditations sur notre vie quotidienne. L'auteur rappelle notamment comment le travail et la peine physique qui l'accompagne sont voulus par le Bon Dieu. L'humilité se tient dans l'obéissance à la loi du travail, voulue par Dieu pour ramener l’homrne à sa condition de nature: il a été tiré de la poussière du sol. [p. 54]
La peine du travail n'est pas seulement un vulgaire châtiment exigé en justice par nos péchés, c'est une participation personnelle au sacrifice de la Croix de Notre-Seigneur.
Or, nous constatons aujourd'hui combien notre monde est mécanisé, « machinisé », depuis les lignes de production industrielles entièrement automatisées, jusqu'aux robots de cuisine; l'homme ne « travaille » plus : il conduit un tracteur, surveille une machine-outil robotisée ou programme un ordinateur. La peine du travail est évacuée, au grand dam des âmes à sauver. Pourquoi ? Parce que l'homme refuse la souffrance : il n'en saisit plus la dimension surnaturelle.
L'homme s'est installé sur terre, il a oublié sa condition de viateur. L'abbé Rigault invite aussi à revenir à la contemplation. Nous faisons tout avec un but intéressé, avec l'objectif plus ou moins avoué d'en retirer un bénéfice. Même notre sanctification souffre de ce vice : en nous sanctifiant, nous cherchons à gagner le Ciel, pour nous. Il nous faut donc réapprendre à bien agir, à agir vertueusement, saintement pour la plus grande gloire de Dieu et non plus seulement pour en retirer un bienfait.
La foi qui conduit à la vie éternelle exige que nous aimions Dieu plus que les bienfaits de Dieu. [p. 80]
Pour revenir à la contemplation, à laquelle le tourbillon de la vie moderne nous a arrachés, l'abbé propose cette petite échelle à trois barreaux, Usage - Privation – Contemplation : user des biens de la terre comme étant mis à notre disposition par le Bon Dieu, s'en priver par sacrifice, et nous élever, par-là, à la contemplation de Dieu, détachés de la matière que nous serons alors par cette privation.
L'usage légitime des biens de ce monde est nécessaire à [la] croissance [des créatures humaines].
Mais l'amour divin requiert un deuxième exercice : la privation dans les biens légitimes devient le langage par lequel la créature rend grâce à Dieu et s'offre elle-même tout entière à son bienfaiteur incréé » [p. 38]
La réflexion de l'abbé Rigault n'est pas une condamnation de la technologie, une remise en question du progrès technique, mais le manuel du catholique qui entend le rester au milieu de notre société moderne.
Le génie fabricateur accordé aux humains reste un très grand bienfait qui doit conduire les âmes vers la source de tous les biens.
La réflexion philosophique n'y suffira pas. Il y faut la sueur du front réellement versée avec l'intelligence contemplative. Loin de s'enorgueillir de son savoir-faire, l'âme généreuse découvrira la grandeur première du geste de l'abaissement où l'agir humain rejoint l'agir divin. [p. 54]
Au milieu du matérialisme ambiant qui nous berce, c'est à remettre la terre à sa place que nous invite l'auteur: celle-ci est et ne doit être pour nous que le « marchepied du Ciel ».
La bonne cotifiture
En annexe, le lecteur découvrira la recette de la bonne confiture, ou comment renoncer, dans une certaine mesure, à nos machines. Comme pour la nourriture, l'abbé conseille de pratiquer un « jeûne » des machines, un jeûne technique et technologique. Pour nous rapprocher de l'essentiel. Ce livre très profond n'est pas à dévorer tout d'une traite mais à méditer chapitre par chapitre; à nous de ne pas nous laisser happer par ce monde de plus en plus éloigné de la réalité, de la nature, de la création, de Dieu.
J. B.
Le Sel de la Terre - 14/04/2021