La Commune de Paris ou le carnaval sanglant
AMBERT (Général)
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"En mai 1871, l'état de Paris était pathologique. La surexcitation cérébrale des derniers mois éclatait en un immense accès. Les spectacles de la rue, les exagérations, les mensonges des journaux qui racontaient l'égorgement des prisonniers par les Versaillais, faisaient sourdre l'épouvante et la rage, entretenant la fièvre terrible de Paris.
On entendait, dans les églises transformées en clubs, des orateurs annoncer la victoire de la Commune de Marseille ou la mort de Mac-Mahon. Des escouades de femmes armées et costumées, hystériques, parcouraient les rues. Et on donnait des fêtes, on organisait des concerts. On chantait, à deux pas des morts qui tous étaient fran çais.
Le carnaval rouge devait finir par l'orgie. Les communeux ne se faisaient guère illusion. Un mot était à l'ordre du jour de l'Hôtel de Ville : Nous nous ensevelirons sous les ruines de Paris. s'il le faut ! La dernière proclamation du dictateur Delescluze : Moscou plutôt que Sedan !" [l'incendie de Moscou plutôt que la capitulation]. (Rodrigues, Le Carnaval rouge.)
"Commémorer la Commune, oui, sans équivoque. Mais il n'est assurément pas nécessaire de célébrer les communards. En cela, la réédition de l'ouvrage du général Ambert est un bel exemple de résistance à l'air du temps." (Préface de Laurent Gruaz.)
Réédition illustrée de l'ouvrage du général Joachim Ambert (1804- 1890), tiré de ses Récits militaires.