Constantes philosophiques de l´être
GILSON (Etienne)
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Etienne Gilson laissait à sa mort, en septembre 1978, le manuscrit d'un ouvrage largement inédit dont il avait achevé la préparation dix ans plus tôt, à en croire l'indication marginale "janvier 1968" qui figure sur la table des matières, complète et paginée. Ce volume posthume qu'Etienne Gilson avait intitulé malicieusement Constantes philosophiques de l'être comporte huit chapitres, inédits pour moitié, tandis que les autres reprennent sous une forme parfois assez différente et généralement plus développée la matière d'essais publiés séparément de 1952 à 1967. La composition des textes ainsi rassemblés s'échelonne donc sur une quinzaine d'années sans qu'on puisse toujours dater avec précision la rédaction des quatre chapitres jusqu'à présent inédits. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que, comme l'auteur le souligne lui-même dans sa Préface, tous ont été conçus dans la perspective d'un recueil d'ensemble, qui s'est constitué progressivement et comme de lui-même. Le présent ouvrage, beaucoup plus doctrinal qu'historique, se situe par ailleurs dans le prolongement direct des réflexions que le grand historien avait d'abord développées dans l'Etre et l'Essence. L'auteur y poursuit en particulier, à la faveur d'une mise en perspective de l'ensemble de la tradition philosophique occidentale, un débat déjà engagé dans les appendices de la seconde édition de l'Etre et l'Essence, en 1962 ; débat qui porte sur ce que Gilson nomme ici "la nouvelle philosophie de l'être". S'interrogeant en philosophe "sur les données de l'histoire", l'historien demande à présent : "qu'y a-t-il de nouveau dans les aventures de l'être ?", la nouveauté tenant pour l'essentiel au "cas Heidegger". Par où l'historien de la pensée médiévale n'ajoute pas simplement une pièce nouvelle au dossier déjà volumineux de l'interprétation thomiste de la Seinsfrage, mais contribue, à sa façon, à la position de la question de la structure ontothéologique de la métaphysique.