La gauche pétainiste. Seconde partie Paul Faure contre Léon Blum
VALLA (Jean-Claude)
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Vingt-cinq parlementaires de gauche et une vingtaine de syndicalistes, pour la plupart cégétistes, ont été nommés par le maréchal Pétain au Conseil national. Parmi eux : Paul Faure, député de la Saône-et-Loire et secrétaire général de la SFIO depuis 1920. Il avait tenu les rênes du parti avec Léon Blum, mais s'était opposé à lui en 1938 sur l'attitude à adopter à l'égard du IIIè Reich : tandis que Paul Faure, militant pacifiste de toujours, se déclarait partisan de négociations et d'une révision du traité de Versailles, Léon Blum, cédant à la pression de ses coreligionnaires, en appelait à la croisade des démocraties contre le fascisme.
Rallié au Maréchal bien qu'il ait été absent de Vichy au moment du vote des pleins pouvoirs, Paul Faure a tenté de regrouper les socialistes en profitant du camouflet que le désastre militaire avait infligé à Léon Blum. Avec Charles Spinasse, ancien ministre de l'Economie nationale du Front populaire, il a participé à la création de L'Effort, un quotidien destiné à se substituer au Populaire, l'organe officiel de la SFIO. Tout en restant critique à l'égard du nouveau régime, dont il déplorait la dérive droitière, mais omniprésent dans les coulisses du pouvoir, l'ancien secrétaire général de la SFIO refusera d'intervenir en faveur de Léon Blum lors du procès de Riom et ne cessera de dénoncer les "crimes" de la Résistance.
Paul Faure est emblématique de cette gauche pétainiste qui n'avait pas à l'encontre des Allemands les vieux préjugés de la droite nationaliste, mais qui n'a pas accepté pour autant de leur faire allégeance. Une gauche déjà "plurielle" au sein de laquelle se sont côtoyés des socialistes orthodoxes tels Charles Spinasse ou Isidore Thivrier, des néo-socialistes comme Adrien Marquet ou Max Bonnafous, des notables radicaux parmi lesquels l'ancien ministre des Affaires étrangères Georges Bonnet ou Maurice Sarraut, directeur de La Dépêche de Toulouse, des transfuges du parti communiste comme L.O. Frossard, François Chasseigne ou Angelo Tasca, et des radicaux dissidents gravitant autour de Gaston Bergery.
Jean-Claude Valla nous fait découvrir ces personnages, en privilégie quelques-uns comme Adrien Marquet dont il retrace le parcours politique original, et bouscule au passage bon nombre d'idées reçues sur la nomination du maréchal Pétain à la présidence du conseil en juin 1940, sur l'entrevue de Montoire en octobre, sur la destitution de Pierre Laval en décembre ou sur la création du Conseil national en janvier 1941. Une contribution non conformiste à l'histoire du régime de Vichy.