Les Messes clandestines pendant la Révolution
BIRON (Marie-Paule)
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A leur seule évocation, les messes clandestines font ressurgir de lointains souvenirs ; elles provoquent sur les esprits une certaine fascination et un désir d'en savoir davantage. Au-delà de leur aspect anecdotique, non négligeable par ailleurs, les messes clandestines reflètent l'état d'esprit qui régnait en cette fin du XVIIIè siècle. Objet de critiques pour les philosophes, elles étaient objet de dévotion pour les catholiques. Au coeur de la tourmente révolutionnaire, les messes seront, pour les uns symbole de "fanatisme" et pour les autres symbole de "fidélité".
Ces messes ont été pendant presque dix ans une réponse négative aux différentes tentatives du pouvoir civil de contrôler, de soumettre ou d'interdire le culte catholique.
La Messe a révélé l'héroïsme de martyrs, à Angers par exemple ; elle a fait germer des vocations sacerdotales et religieuses, comme dans le coeur du jeune Jean-Baptiste-Marie Vianney ; elle a fait naître des initiatives parmi les laïcs qui, privés de leurs prêtres, sont allés droit à l'essentiel et ont su, presque d'instinct, prendre les mesures appropriées à la sauvegarde de leur foi et au maintien du culte de la messe.
Les messes clandestines furent la force et le viatique de la résistance catholique. Elles furent aussi cette étincelle qui brille dans la nuit et cette braise qui au petit matin permet au feu de repartir. Elles s'inscrivent dans un contexte de ruptures dont le malaise se fait ressentir aujourd'hui encore entre ceux qui acceptent l'héritage révolutionnaire marqué par la séparation irrémédiable dans la vie de l'homme, entre le social et le religieux, entre le profane et le sacré, réduisant la religion à une affaire de conscience personnelle et ceux qui refusent cette séparation et espèrent retrouver un jour l'unité perdue : car il ne peut valablement exister de Droits de l'Homme sans prendre en considération les Droits de Dieu.