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Quand le régime d'Hassan II tue Ben Barka, on crie au tyran sanguinaire. Quand le régime de Boumediene fait exécuter Mohammed Khider ou Krim Belkacem, on fait semblant de croire que leur cause était aussi mauvaise que celle de Ben Barka était bonne.
Et d'où tire-t-on cela ? D'une question d'étiquette : "libéral-capitaliste" pour le régime marocain, "socialiste" pour le régime algérien.
Une guerre de sept ans a obscurci notre vision. Depuis 1962, date de son accès à l'indépendance, l'Algérie est rêvée plus que regardée. Escale des révolutionnaires d'Orient et d'Occident, elle se propose aux théoriciens comme un des meilleurs exemples de république "démocratique" et "populaire".
Mais le conformisme des idéologies et des mass média nous font oublier que l'Algérie est aussi un peuple de 15 millions d'hommes qui travaillent, qui souffrent dans la recherche du bonheur et de la dignité.
C'est, aujourd'hui, le temps des bilans. Grâce à Etienne Mallarde, qui connaît l'Algérie par l'intérieur, par coeur, puisqu'il y est né, l'histoire mouvementée de ce pays nous est racontée pour la première fois. Sait-on ce qui s'est passé pendant l'été 1962 ? Comment Ben Bella a-t-il pris le pouvoir ? Comment Boumediene le lui a ravi ? C'est le récit passionnant, plein de fureurs, de bruits et de mystère, que l'on a soigneusement ignoré en France.
C'est aussi l'analyse lucide et sévère d'un modèle de développement triomphaliste, dont les bienfaits sont réservés à une "nouvelle classe" peu nombreuse.
C'est enfin un livre d'espoir. Le peuple algérien ne supportera pas longtemps d'être dépossédé de son destin.