Combats pour l´histoire russe
COQUIN (François-Xavier)
39.00 €
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Qui ne se rappelle l'interpellation de Soljénitsyne en 1973 à l'adresse des dirigeants grisonnants de l'Union des écrivains et, par-delà, du PC soviétique : "Mettez vos montres à l'heure, Messieurs !" ? Telle est l'exhortation que l'on voudrait parfois adresser à maints responsables européens ou non, prisonniers de leurs réflexes conditionnés de russophobie. Mais l'Europe n'écoute que d'une oreille cet héroïque imprécateur nostalgique d'une Russie orthodoxe à demi mythique, qui n'était guère plus indulgent (on l'oublie trop facilement) pour notre monde capitaliste, adorateur comme jamais du veau d'or, que pour une Union soviétique confite en dévotions Iénino-rnarxistes. Mais à quoi bon de longs discours ? Intitulé Combats pour l'histoire russe, ce recueil, qui puise aux sources russes originales et qui rend ainsi à la Russie voix au chapitre, aurait pu aussi bien s'intituler plaidoyer pour l'histoire russe : non pas pour une histoire accusatrice ou partisane mais pour une histoire indépendante, contradictoire, et objective, autant que faire se peut. Quel que soit le thème abordé, nous n'avons eu d'autre parti pris que celui de l'objectivité, plus méritoire qu'il n'y paraît sur un sujet aussi controversé que le grand roman national d'une Russie millénaire. En multipliant les points de vue sur le passé de la Russie, objet des partis pris les plus contradictoires, ce recueil ne se borne pas à rappeler certains épisodes significatifs de l'histoire russe, mais il s'efforce également de les replacer dans le contexte culturel et socio-politique qui était le leur ; et il permet au lecteur, en l'introduisant dans les coulisses mêmes des événements, de juger sur pièces et de reconsidérer ou de remettre en question ses certitudes sur l'histoire de ce pays qui n'a pas, tout compte fait, moins de raisons d'être fier de son passé que d'en rougir. C'est à ce voyage de découverte et d'exploration d'un pays qui souffre d'un besoin de reconnaissance, et qui mérite d'être mieux connu et reconnu, que nous invitons donc notre lecteur. Puisse cet ouvrage, à égale distance des conformismes de droite comme de gauche, favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les deux moitiés d'un continent toujours séparées par un mur d'incompréhension et d'ignorance réciproques, et convaincre ses lecteurs que faire sa place à la Russie ne signifie nullement affaiblir ni diviser l'Europe, mais au contraire l'enrichir. Heureux serons-nous si ce plaidoyer en faveur d'une histoire dépassionnée leur offre matière à réflexion, et les incite à porter sur ce pays un regard neuf, ainsi qu'à lui reconnaître dans une Europe en voie de transformation la place qui lui revient.