L´antisémitisme peut-il être de gauche ?
RAYSKI (Benoît)
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La question est, bien sûr, tout à fait scandaleuse. Taboue. Elle ne peut, ne doit pas être posée. Car la gauche et surtout l'extrême gauche sont pour l'éternité estampillées antiracistes. Un certificat de virginité indiscutable. D'autant plus indiscutable que les droits d'auteur, inaliénables, de l'exercice antisémite appartiennent, pour l'éternité, à Hitler, Pétain, Le Pen, à leurs descendants et à leurs émules. Des monstres que les gauches n'aiment pas. Aiment-elles pour autant les Juifs ?
Dès qu'il est interpellé sur cette question, le gauchiste brandit un laissez-passer l'autorisant à baver un peu sur les Juifs. Sur ce précieux sésame figure le mot "antifasciste". Le gauchiste n'est donc pas antisémite. Pas plus en tout cas que ce baron hongrois à qui on reprochait un jour sa détestation des Juifs. Il eut alors cette réplique indignée : "Moi, antisémite ? Jamais ! Un antisémite est quelqu'un qui hait les Juifs plus que de raison." L'extrême gauche française est comme ce baron. Raisonnable. 
Benoit Rayski est essayiste et journaliste. Il a notamment publié J'ai pour la France une étrange passion (éditions David Reinharc), L'Homme que vous aimez haïr (Grasset) et Le Bordel de Soroea (Denoël).